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 Une rencontre inattendue ~ Lane A. Bluemoon & Neill J. Torn

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♘ Vagabond
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MessageSujet: Une rencontre inattendue ~ Lane A. Bluemoon & Neill J. Torn   Mer 19 Fév - 0:44







Grey morning


Lane A. Bluemoon & Neill J. Torn





Le sol humide s'enfonçait progressivement sous les sabots de son cheval. La terre était devenue gadoue, et des flaques d'eau parsemaient le chemin sur lequel sa monture s'efforçait d'avancer. Il avait plu la nuit précédente, beaucoup plu. L'état dans lequel la forêt avait été laissée était plutôt catastrophique, ce qui ne rendait pas son exploration à travers le bois très simple. Et, ce matin-là, le temps, qui pourtant était encore doux quelques heures auparavant, s'était brusquement rafraîchi. Il avait froid, il avait faim, il était trempé, et d'une sale humeur. L'hiver était la période la plus difficile de l'année. D'une part au niveau du temps, mais également parce qu'il avait peu de chances de croiser la route d'une personne à qui il pourrait soutirer quelques sous. Déjà que les bois n'étaient pas très fréquentés en temps normal...
Il ne s'en plaignait pas pour autant ; non, il n'admettrait jamais à quel point cette situation le dérangeait et lui rendait les choses plus dures encore ; mais cela affectait son humeur. Le jeune homme, qui n'était pas très positif ou joyeux au quotidien, s'en retrouvait plus énervé et irritable que jamais. Un rien aurait pu le rendre fou.


Après quelques minutes à avancer à travers un petit chemin humide et ridiculement étroit, il réalisa que son escapade ne le mènerait nulle part, et qu'il ferait mieux de se trouver un coin pour se reposer. Il descendit de sa monture, non sans éclabousser ses vêtements déjà abîmés avec de la boue en sautant dans une flaque. Il soupira, puis alla attacher son cheval à une branche d'arbre qui se trouvait là et était à sa hauteur. Il prit ensuite quelques secondes pour inspecter l'arbre. Certes, ce n'était pas l'endroit le plus confortable au monde, mais il était dans la forêt de Paori, en plein hiver, et il voulait du repos. Il resterait là quelques minutes, cela ferait l'affaire. Et puis, il pouvait difficilement trouver mieux.
Il attrapa une branche des deux mains, se hissa sur celle-ci à la force de ses bras, et grimpa de la sorte jusqu'à atteindre une grosse branche, à une certaine hauteur du sol. Il s'assit ensuite dessus, s'appuya contre le tronc de l'arbre, et observa la forêt en silence.


Il n'était pas assez haut pour la surplomber et voir les arbres s'étendre jusqu'à l'horizon, mais il pouvait voir les chemins alentours et observer plus loin déjà que s'il avait été à terre. Les feuilles des arbres étaient toutes tombées durant l'automne, il n'en restait plus ; ils étaient nus, ainsi découverts de leur parure. Il releva la tête. Derrière les branches vides, il pouvait voir de menaçants nuages gris. Le temps n'était pas prêt de s'arranger. Et, si les températures continuaient de baisser à tout va, il neigerait bientôt.
Le Vagabond ferma les yeux, dans le but de rester au calme quelques instants. Il se laissa emporter par le courant de divagations créées par son esprit, s'adonnant à de douces rêveries qui le berçaient doucement.


Il revoyait ses jolis yeux clairs, son teint pâle, ses petites mains se refermant autour de son doigt, son sourire heureux... il cherchait dans son souvenir l'image de ce petit être encore jeune et fragile, qu'il avait si peu connu et tant aimé. Il se l'imaginait en jeune femme, grandie après toutes ces années, marchant dans les ruelles d'un village, le soleil éclairant ses cheveux d'or et son visage heureux. Oui, elle était heureuse, et c'était tout ce qui comptait. C'était la meilleure des solutions, le mieux à faire. Elle ne devait jamais savoir. Personne ne le devait. Et il aurait fait n'importe quoi, n'importe quoi pour la protéger, pour préserver son doux sourire...
Il rouvrit lentement les yeux, s'extirpant difficilement d'un rêve qu'il aurait voulu ne jamais quitter.


Un craquement le sortit complètement de sa torpeur. Il se redressa, et regarda en direction du bruit qu'il venait d'entendre. Il arriva, après quelques secondes d'observation, à distinguer une silhouette humaine. Quelqu'un avait marché sur une branche. Quelqu'un se trouvait ici, au beau milieu de la forêt de Paori, en plein hiver. Quelqu'un allait se faire détrousser, et pas qu'un peu. Il se releva, et observa la progression de l'homme depuis sa branche. Il avait là-haut l'avantage de voir beaucoup sans pouvoir être vu. Après avoir retenu la position de sa cible, il descendit de l'arbre, le plus discrètement possible, avant de la traquer à travers les branches, laissant son cheval attaché. Il dépassa finalement sa victime, et se posta en face d'elle avec un sourire glacial. Au moment ou il ouvrit la bouche pour lui parler, quelque chose le retint. Il avait entendu un bruit, qui ne venait ni de lui ni de son camarade. Car ils n'étaient pas seulement deux, ce matin-là, dans ce coin de la forêt.





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♘ Vagabond
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MessageSujet: Re: Une rencontre inattendue ~ Lane A. Bluemoon & Neill J. Torn   Sam 19 Avr - 13:59


Grey Morning | Lane & Neill
Le sol était détrempé, meuble, et autrement dit impraticable. Impraticable pour quiconque, mais pas pour lui. Telle une ombre, il se déplaçait dans la forêt de Paori depuis le lever du soleil. Il n'avait pas mangé depuis quelques jours – deux ? Ou serait-ce trois ? -,et surtout il avait froid. Il était du Sud, du désert et du sable à perte de vue, de la chaleur harassante. Pas de la boue et de la neige, il avait toujours détesté ça. Durant la nuit, il avait tout de même réussi à trouver un bûcheron à la lisière de la forêt. Pauvre homme auprès de son feu. S'il possédait des bottes chaudes ainsi qu'un arc et un carquois qui contenait encore quelques flèches, il n'était malheureusement pas en train de se faire cuire quoi que ce soit, et l'estomac de Neill l'avait bien remarqué : toujours pas de nourriture à l'horizon et une condamnation à traverser la forêt le ventre vide. Le bon point était qu'il pourrait dormir un peu au chaud grâce aux vêtements qu'il venait de récupérer mais surtout qu'il n'aurait pas besoin de jeter des pierres aux oiseaux pour les manger puisqu'il avait trouvé quelque ustensile de tir. Au soleil, il ne devait pas être très tard dans la matinée. Les températures n'avait cependant toujours pas remonté depuis l'aube, et à vrai dire, elles descendaient en flèche. Les nuages presque noirs qui s'avançaient de manière menaçante vers la cime dénudée des sapins n’annonçaient rien que de la neige ou une pluie glaciale si le ciel était clément. De toute les manières il devrait se dépêcher. Il était déjà assez difficile de marcher dans cette boue – il n'avait pas trouvé de véritable chemin jusque-là -, mais avec une couche de neige ou un déversement d'eau, il lui serait tout bonnement impossible d'avancer plus sans se faire repérer. Et s'il y avait bien une seule chose qu'il devait retenir dans cette forêt, c'était qu'il devait être discret. Il n'était pas le seul vagabond a venir dans cette forêt du Nord, et pas le seul non plus à avoir une nette tendance à estourbir les gens qu'il rencontrait. Autrement dit, la journée ne commençait pas très bien pour l'homme.

Il marcha encore quelques minutes. La boue où il était devint au fur et à mesure de plus en plus praticable, ce qui lui permit de penser qu'un sentier ou un chemin ou quoi que ce soit de meilleur que le cœur de la forêt lui-même était en approche – ou plutôt que lui-même était en approche de ce sentier parce que soyons réaliste le sentier n'allait pas lui-même être en approche de Neill sur ses petites jambes de sentier. Il allongea le pas. Plus vite il y serait plus vite il trouverait la sortie et par conséquent des habitants ou des maisons dans lesquelles faire un petit tour des placards. Bref, de la nourriture. La vie de vagabond n'était pas facile. Il s'agissait d'être constamment sur ses gardes. A l'approche des Tributs, quiconque voyait un Vagabond prenait peur, et était même susceptible de le faire arrêter. Ils étaient condamnés à errer dans les Terres Sauvages, et la réputation qu'ils avaient de voleurs devenait vite véridique. Mais tous ces gens qui avaient peu de lui ne se rendaient pas compte. Est-ce qu'il avait choisi cette vie ? Ils avaient tendance à le croire et pourtant rien n'était plus faux. Il aurait aimé rester un homme de Tribut, il aurait aimé rester chez lui et maintenant il était sans famille, sans repères, sans maison. Tous les jours quand il se réveillait il revoyait son visage. Ses longs cheveux roux et ses grands yeux bleus, cette folie qu'il y avait au fond d'elle. Il revoyait la lame imbibée de sang et la tâche vermeille qui s'étendait sur le sol. Et il revoyait l'enfant, l'enfant qu'il avait laissée seule, qu'il avait abandonnée. Et ils pensaient que c'était facile. Ils pensaient que c'était simple d'être ce qu'ils appelaient un traître, parce qu'ils ne savaient pas ce que c'était.

Le silence régnait autour de lui. Il n'y avait d'autre bruit que celui de ses pas sur le sol. Même le vent était silencieux, ce qui d'une certaine manière pouvait très bien s'expliquer par l'absence totale de quoi que ce soit qui puisse faire du bruit – ou de quoi que ce soit tout court – sur les branches des arbres. Si un quelconque animal venait à se trouver là, il allait donc de soi qu'il l'entendrait tout de suite. De même si c'était quelqu'un qui avait eu l'idée folle de venir s'aventurer un matin glacial en plein hiver dans la forêt de Paori. C'est pourquoi il entendit tout de suite le craquement de branche qui retentit quelque part devant lui, et le bruit mat qui vint après, même si c'était le bruit caractéristique de quelqu'un qui essaye d'être discret. Mais le terrain n'était pas favorable à la discrétion. Et s'il y avait des bruits c'était qu'il y avait quelque chose – ou quelqu'un – ce matin-là dans ce coin de la forêt. C'était qu'il pourrait peut-être manger, ou se procurer quoi que ce soit d'utile. De toute manière quoi que ce fut, il ne pouvait pas le laisser passer. C'est donc pourquoi il accéléra le pas pour se hâter en direction du bruit.

Il n'y avait non pas un animal mais un homme, qui se trouvait devant lui. Et non pas un homme, mais deux. Ses lèvres s'étirèrent lentement en un sourire. C'était peut-être son jour de chance, au final. Lentement, il saisit son arc, y arma une flèche, persuadé qu'il pouvait les avoir tous les deux sans qu'ils ne le remarquent. C'est alors seulement qu'il se rendit compte que bien sûr que si, ils l'avaient remarqué. En tout cas, l'un des deux l'avait vu. Et quelques secondes seulement lui suffirent pour confirmer les doutes qu'il avait eu dès le début : celui-là, c'était un vagabond. Il sentit son serpent avancer lentement vers sa main autour de son bras, sous la manche de son vêtement. Il n'avait pas tant de chance au cela au final. Peut-être que ce ne serait pas lui qui en aurait deux pour le prix d'un ce jour-là.



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♘ Vagabond
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MessageSujet: Re: Une rencontre inattendue ~ Lane A. Bluemoon & Neill J. Torn   Mer 23 Avr - 22:05



Dark morning...

Lane A. Bluemoon & Neill J. Torn





Il y avait trois hommes.

Le premier était sombre. Des yeux sombres, des cheveux sombres, des vêtements sombres. Des pensées et des sentiments sombres. Il était là, debout, l'arc tendu, en position pour tirer, prêt à abandonner la flèche à son envol jusqu'à la poitrine de son rival à tout moment. Ses pupilles noires restaient concentrés sur sa cible ; sa vue était bloquée, mais ses autres sens s'éveillèrent lorsqu'il sentit le serpent du fantôme se faufiler sous sa manche. La manche noire de son habit obscur. Un coup de vent. Ses cheveux ébène se mirent à danser pendant quelques secondes, avant de se remettre sagement en place. Sa respiration demeurait calme, mais la température de son corps augmentait progressivement. Il dégageait une aura sinistre, mais c'était une carapace. Une carapace sombre qui cachait un intérieur lumineux.

Le second était clair. Le bleu pâle de ses yeux s'était fixé sur le premier homme. Ses vêtements, bien qu'encrassés, avaient gardé une touche de leur étincelance d'origine. Il avait le teint pâle. Son pantalon blanc était tâché de noir en bas, sur le côté gauche. La tâche se resserra lentement, jusqu'à-ce qu'il se rende entièrement compte de sa présence. Elle assombrissait l'étincelance qu'il dégageait, tout comme son maître assombrissait l'idée étincelante d'un repas décent. Le ciel s'acharnait peut-être contre lui, peut-être qu'il avait pour destin de mourir de faim dans l'air glacial d'un jour triste, au beau milieu de la forêt de Paori. Le second homme dégageait une aura lumineuse, mais c'était une carapace. Une carapace dérangeante qui cachait un intérieur bouillonnant.

Le troisième était sobre. Des cheveux bruns, des vêtements simples, légèrement écorchés du fait de quelques chutes, un air agréable. Une barbe naissante, des joues roses, des poches remplies. Pleines de pièces. Un sac marron et abîmé à la main, dont le contenu dégageait une odeur délicieusement épicée. De la nourriture. Le troisième homme était venu dans cette forêt pour une raison inconnue, dont ses prédateurs ne se préoccupaient point. Le troisième homme tremblait, ses mains étaient froides, un frisson constant secouait tout son être. Le troisième homme avait peur. Et il avait bien raison. Car il représentait une proie idéale pour les deux Vagabonds, pour le sombre et le clair. Ni le sombre ni le clair n'avaient mangé un repas convenable depuis des jours, ni le sombre ni le clair n'avaient été au contact d'argent depuis des lustres, ni le sombre ni le clair ne compteraient abandonner leur proie facilement.

Conflit.

Ils étaient trois hommes, et ils se trouvaient dans une position délicate. Le troisième car il était sur le point de se faire détrousser (et il se fichait bien de savoir par qui), et les deux autres car ils avaient la même cible dans le collimateur. Le deuxième homme avait le serpent du premier homme enroulé autour du pied, le premier homme avait celui du deuxième enroulé autour du bras. Chacun des deux savait que l'autre était Vagabond, ils l'avaient deviné, ils l'avaient senti. Chacun des deux savait que l'autre était autrefois dans la même tribu que lui. Peut-être même s'étaient-ils déjà croisés ?

L'intérieur bouillonnant que cachait la carapace lumineuse du second homme continuait de bouillir, et ferait bientôt fondre cette carapace. Car le second homme avait faim. Il avait enfin trouvé de quoi se nourrir, mieux encore : de l'argent ! De quoi assouvir sa faim pour une semaine au moins ! Et l'éventualité de se faire chiper le pactole par quelqu'un d'autre éveillait sa colère. Il était hors de question qu'il abandonne un tel butin. Même s'il devait dégainer l'épée qu'il portait sur son dos de son fourreau, même s'il devait poignarder l'ennemi avec l'une des dagues accrochées à sa ceinture, même s'il devait se briser les poings en donnant des coups. Il avait faim, et la faim dominait tout le reste. Parce que le second homme avait des instincts animaliers ; c'était un fantôme sauvage.




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♘ Vagabond
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MessageSujet: Re: Une rencontre inattendue ~ Lane A. Bluemoon & Neill J. Torn   Lun 2 Juin - 15:54


Grey Morning | Lane & Neill
L’atmosphère était étrangement calme. Leur respiration régulière, leur visage sans une seule trace de peur. L'homme qui se trouvait en face de lui était jeune. Une vingtaine d'année tout au plus. Des yeux clairs, des cheveux clairs, des vêtements, malgré la terre et la saleté accumulées, clairs. Lui était sombre. Des vêtements au fond des yeux, sombre. Contraste.
Le regard planté dans celui de l'autre, chacun attendait que le second fasse la première action. Un geste, une parole, peu importait. C'était comme un défit muet où celui qui agirait le premier ne perdrait pas mais déclencherait le jeu funèbre. Le troisième homme, ordinaire, avait des poches pleine d'argent et un sac plein de nourriture. Deux choses que l'homme n'avait pas vu ou touché depuis un temps trop lointain maintenant. L'idée d'un vrai repas et d'une bourse pleine prenait le dessus sur sa conscience – mais en avait-il une ? Il était prêt à tout, et ce n'était pas un mot trop fort, pour gagner le butin. Qu'il laisse voler sa flèche en direction du vagabond ou de l'innocent, ça non plus ça n'avait pas d'importance. Affamé, l'homme est un animal. Et l'animal que la faim avait réveillé en lui était prêt à tuer même ces deux inconnus s'il le fallait, du moment qu'il pouvait récupérer le trésor que transportait le villageois. Sa respiration calme, la corde de l'arc tendue, il était prêt à tirer à n'importe quel moment.

Son propre serpent s'était enroulé presque délicatement autour de la jambe du jeune-homme clair, en face de lui. Comme une menace qui poursuivait lentement son ascension, il grimpait, encore et encore, tâche sombre sur l'homme blanc. Mais ce dernier possédait la même arme. L'animal, clair, comme un fantôme lui aussi, rampait le long du bras de l'homme sombre, même menace qui se resserrait comme un étau,  annonçant le départ imminent de la bataille. Car, qu'elle soit simplement calme, verbale, ou brutale, bataille il y aurait. Lentement, les lèvres de l'Ombre s'étirèrent en un vague sourire presque carnassier. Deux choix s'offraient à lui : soit il se débarrassait d'abord de son rival Vagabond, et s'occupait ensuite de sa proie, auquel cas il s'exposait à la perte de ce butin. En effet, l'homme – qui n'avait au fond fait que se trouver au mauvais endroit au mauvais moment – aurait tout le loisir de sauver sa peau le temps que Neill ne se débarrasse de quelque manière que ce soit de l'autre. La seconde solution qui s'offrait à lui était de mettre la proie à terre et de s'occuper du Vagabond ensuite. Certes il serait en position d'infériorité le temps de bander son arc de nouveau et de se préparer à se battre pour récupérer les biens, mais au moins la nourriture ne risquerait pas de s'enfuir, ce qui était vraiment un bon point. C'était donc la meilleure chose à faire, à moins que l'autre Vagabond ait trouvé une idée encore plus brillante durant sa propre réflexion, ce dont il doutait fort – et quand bien même, il ne se voyait pas lui demander lequel des deux il comptait tuer en premier.

Sa flèche, jusqu'à présent dirigée vers l'homme en face de lui, se déporta vers celui qui serait bientôt un cadavre – la preuve que se promener avec de la nourriture était dangereux. Ses yeux noirs, pourtant, ne quittèrent pas le regard bleuté de l'inconnu en face de lui. « Tu ferais mieux de vider ton sac et tes poches ici. Et de fuir » souffla-t-il à l'homme qu'il menaçait de sa flèche. Précision inutile, et même stupide. Oui, il aurait pu s'enfuir sans laisser ses affaires. Courir dans la forêt et partit en laissant les deux Vagabonds s'entre-tuer non pas pour de la nourriture mais pour un manque de nourriture. Il aurait pu partir et sauver sa peau. Oui, mais ça, il aurait pu le faire depuis bien longtemps. Et il ne le ferait pas maintenant. Il ne l'avait pas fait pendant que les deux hommes se faisaient face, il ne le ferait sûrement pas maintenant que l'arc à la corde tendu était pointé vers lui. Lorsqu'une arme est pointé vers vous, si vous voulez vivre, vous avez plus de chance de le faire en restant là où vous êtes qu'en vous mettant à courir. Et cet homme, là, menacé par la flèche, le savait très bien. Il savait que quoi qu'il arrive, Neill finirait par lâcher cette corde et la flèche finirait par se ficher quelques part, dans sa poitrine s'il avait de la chance, dans sa tête s'il en avait moins. « Toi aussi tu ferais mieux de fuir » continua-t-il après une courte pause, à l'adresse de l'homme en face de lui, résistant à l'envie de terminer par un « petit » qui lui brûlait les lèvres, mais il sentait en quelque sorte que ça ne lui plairait pas vraiment – voire vraiment pas – s'il le faisait, bien que de toute manière ce soit la stricte vérité.

Il laissa encore quelques secondes s'écouler. Le temps de sentir encore un léger souffle de vent jouer avec ses cheveux. Le temps de sentir ce serpent blanc se resserrer encore le long de son bras vêtu de sombre, monter lentement vers son épaule, instoppable. Le temps d'entendre le vent dans les branches des arbres les plus faible, le battement des ailes d'un oiseau aventurier au loin, voir la luminosité évoluer pendant qu'un nuage passait par-dessus le soleil déjà masqué et le dégageait de nouveau. Juste les quelques secondes nécessaires pour ressentir tout cela, et bien plus encore. Sa respiration clame et légère qui soulevait lentement sa poitrine, son cœur qui battait, tout aussi imperturbable, le sang qui passait dans ses veines, chacun de ses points de contact avec le sol pour assurer son équilibre, le sens et la force de la brise, la distance qui le séparait non seulement de l'homme lumineux – une luminosité sombre pourtant – mais aussi de leur proie commune. Son sourire s'agrandit imperceptiblement lorsqu'il fit chanter la corde de l'arc.




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♘ Vagabond
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MessageSujet: Re: Une rencontre inattendue ~ Lane A. Bluemoon & Neill J. Torn   Mer 4 Juin - 15:31



Grey morning

Lane A. Bluemoon & Neill J. Torn





L'arc restait tendu. La flèche toujours prête à bondir. Les trois hommes encore immobiles. Et l'atmosphère ne cessait de s'assombrir. Leur victime se tourmentait l'esprit, revêtant un voile d'inquiétude et d'angoisse, alors que chacun tentait de trouver une faille. La situation paraissait sans issue, et ils savaient pertinemment que cette rencontre terminerait mal. Mais il était question de savoir duquel le destin serait funeste. Et aucun ne comptait finir perdant. Car, dans le langage des Vagabonds, défaite signifiait mort. Ils étaient prêts à s'entre-tuer, à se lancer dans un combat assassin et à se battre sans relâche, jusqu'à avoir achevé leur rival respectif. Ils n'étaient pas hommes, ils étaient Vagabonds. Et le Vagabond est une créature errante, solitaire, torturée, affamée. Le Vagabond est une bête sauvage en présence de nourriture ; un monstre féroce et cruel.

Bientôt, le silence se brisa. Il éclata en des paroles fermes, qui résonnèrent à travers tout le bois. La voix était sombre et froide. L'ordre clair. Mais le meurtre du silence n'aida pas à assouplir l'atmosphère, non ; la tension progressait dangereusement. Elle emplissait leurs âmes, leurs esprits, réveillait leurs instincts. La proie resta immobile, figée, alors que l'homme en noir déclara son second ordre ; achevant d'horrifier cette dernière. Ses paroles étaient limpides, la menace était lancée. Il fallait maintenant réagir, car la bataille débutait. Et elle promettait d'être impitoyable. L'intensité cardiaque du fantôme s'intensifia, l'adrénaline coulait dans ses veines, dans ses artères, alimentant les moindres parcelles de son corps. Il brûlait, sa colère était en hausse et ses pulsions lui hurlaient déjà de se jeter sur son adversaire. Il décocha un sourire provocateur en guise de réponse à celui-ci.

Si ce fichu serpent n'avait pas été enroulé autour de sa jambe, les choses auraient été plus simples. Il lui aurait suffit de bondir - littéralement - sur son ennemi, avant même qu'il n'aie eu le temps de réajuster son tir, et de lui trancher sa délicate gorge. Mais l'animal ne le permettait pas. Le moindre mouvement qu'il esquisserait risquait d'entraîner une morsure fatale. Le point positif était qu'il en allait de même pour son assaillant : s'il lâchait cette flèche, il était fichu. La préoccupation première de Ghost était donc de se débarrasser du reptile. Ensuite il aurait au moins la liberté d'agir. Il resta encore immobile quelques secondes, réfléchissant à la meilleure façon d'intervenir qui se présentait à lui.

Et il choisit d'attraper le serpent autour de sa jambe à la main et de l'envoyer voler plus loin, rapidement, tout en retirant son épée de son fourreau de l'autre main. Le serpent réussit à lui arracher une partie du pantalon, mais ne fut pas assez rapide pour atteindre sa chair. Le temps d'effectuer cette opération avait néanmoins laissé tout le loisir à l'Autre d'agir, mais Lane n'y repensa que plus tard. Déjà il était prêt à s'élancer vers son rival pour le transpercer et repartir avec le butin. Car ce jeune homme était impulsif ; c'était sa plus grande faiblesse. Et, du haut de ses vingt ans, il ne mesurait pas l'importance de la réflexion, ni ne savait que la sagesse avait beaucoup de pouvoir sur la fougue. Mais il était sur le point de l'apprendre...




[Hrp]Je pense qu'en fait c'est mieux de laisser Neill repartir avec la nourriture, ou au moins de le laisser donner une leçon à Lane. Parce que comme ça ça illustre bien le rapport du petit jeune impulsif face à l'adulte plus réfléchi et qui a de l'expérience (même si Lane est Vagabond depuis un moment x) ). Ah, et puis parce que j'aime bien faire du mal à mes persos aussi (a) Brefouille je me tais, je disais juste ça par rapport à la fin du dernier paragraphe hein, je dis pas qu'on doit déjà arrêter le rp ! Surtout que ça commence tout juste à devenir intéressant *-*[Hrp]
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